LE BOURGET, Seine-Saint-Denis (Reuters) - L'Airbus A330 Rio-Paris qui s'est abîmé dans l'Atlantique le 1er juin avec 228 personnes à bord, dont 72 Français, n'a pas été détruit en vol, a déclaré le BEA, qui présentait son premier rapport sur l'accident de l'avion d'Air France.
Lors d'une conférence de presse au Bourget, le chef d'enquête du BEA, Alain Bouillard, a précisé que les enquêteurs n'étaient pas à ce jour en mesure d'établir les causes de cet accident, le pire dans l'histoire de la compagnie française.
La recherche acoustique des boîtes noires du vol AF447 se prolongera jusqu'au 10 juillet, a-t-il dit.
Une défaillance des sondes 'Pitot', chargées de donner les informations sur la vitesse de l'appareil, a été avancée pour expliquer l'accident mais selon Alain Bouillard, "c'est un élément mais ce n'est pas la cause" de l'accident.
"Dans un puzzle tel qu'est une enquête accident, nous avons très peu d'éléments pour reconstituer le puzzle", a-t-il ajouté.
Alain Bouillard a regretté que le Bureau d'enquêtes et analyses n'ait pas eu accès aux résultats des autopsies pratiquées au Brésil sur les 51 corps repêchés. "Les autopsies nous apporteraient des informations", a-t-il souligné.
Selon les premières conclusions du BEA, "l'avion est arrivé entier au moment de l'impact" et "a touché l'eau avec le dessous du fuselage".
"L'avion n'a pas été détruit en vol. Il paraît avoir heurté la surface de l'eau en ligne de vol avec une forte accélération verticale", a expliqué Alain Bouillard.
PAS D'AMERRISSAGE TENTÉ
Les étagères et clayettes de l'appareil repêchées dans l'Atlantique étaient compressées vers le bas et le plancher de la cabine du module repos de l'équipage était déformé du bas.
Aucun message de détresse n'a été envoyé et aucun problème n'a été signalé par l'équipage, a-t-il ajouté mais le plan de vol de l'Airbus n'a pas été transféré aux contrôleurs aériens du Sénégal par le Brésil.
"L'avion n'était ni en contact avec Dakar, ni en contact avec le Brésil", a dit Alain Bouillard. "Il est certain que c'est aujourd'hui une de nos préoccupations, c'est un de nos axes d'enquête".
La situation météorologique n'était "pas exceptionnelle" dans la zone de l'accident où il y avait des "amas de cumulo-nimbus".
Plusieurs avions volant dans la même zone avant et après l'appareil d'Air France "ont altéré leur route pour éviter des masses nuageuses", a noté Alain Bouillard.
Au total, en plus des 51 corps, 640 éléments de l'appareil ont été récupérés provenant "de l'ensemble des zones de l'avion" - une porte de toilette, des racks à bagages ou des morceaux de sièges, entre autres.
"Aucun gilet n'a été retrouvé gonflé", a précisé le chef des enquêteurs pour qui cela signifie que les "passagers n'ont pas été préparés à un amerrissage".
Service France, édité par Sophie Louet